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Le gouffre béant entre les désirs des jeunes et les réalités de l’emploi

Les adolescents sont restés figés sur une liste de métiers datant du XIXe siècle.

jlr Publié le 29/07/2021

Malgré la frénésie technologique qui s’est emparée du monde,

les emplois plébiscités par les jeunes restent étonnamment figés dans le temps, notent avec stupeur les auteurs du dernier rapport PISA de l’OCDE.

«Les professions classiques du XXe siècle, voire du XIXe siècle, comme médecin, enseignant, vétérinaire, chef d’entreprise, ingénieur ou policier, continuent de nourrir les rêves des jeunes comme elles le faisaient il y a encore vingt ans, avant l’arrivée des médias sociaux et l’accélération technologique, telle que l’intelligence artificielle», constatent-ils.

47% des garçons et 53% des filles interrogés dans quarante-et-un pays prévoient ainsi d’exercer un métier parmi la liste très restreinte des dix professions les plus populaires.

Une autre étude récente d’un chercheur de l’université de Houston arrive au même constat. «Chez les jeunes filles, le métier le plus populaire est médecin, suivi de vétérinaire, enseignante et infirmière», note Kevin Hoff, qui a examiné les aspirations professionnelles de 3.367 adolescents américains âgés de 13 à 18 ans.

À l’âge de 13 ans, les garçons veulent eux majoritairement devenir sportif de haut niveau (31,5% des citations), loin devant médecin et militaire (4,9% chacun).

Et pourtant :

Ziggourat formation propose des formations pratique pour aider les jeunes à rentrer dans les carrières de l’informatique (IT)

Développeur web web mobile

Concepteur développeur d’Application

Infographiste Metteur en page

Concepteur Designer UI-UX

ces métiers sont valorisants, il y a de l’emploi et de quoi, bien gagner sa vie. Mais la rencontre entre ces formations après le bac et ces jeunes est chaotique car ils ne sont pas sur les mêmes chemins

 

Les adolescents sont restés figés sur une liste de métiers datant du XIXe siècle.

Du rêve à la réalité

En France, les aspirations ne sont guère différentes. La filière la plus demandée sur Parcoursup est le diplôme d’État infirmier, suivie du parcours d’accès à la médecine et la licence de droit.

Les filières STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), psycho ou marketing sont aussi largement surreprésentées, alors que les débouchés sont rares. «Seuls 15% des étudiants inscrits en licence de psychologie deviendront psychologues»observe le CIDJ.

Selon Kevin Hoff, le plus gros écart s’observe dans les métiers de l’investigation (recherche scientifique, journalisme…) et dans le domaine artistique.

«Près de 50% des adolescents aspirent à une carrière dans ces métiers, alors que ces emplois ne représentent ensemble que 8% du marché du travail», alerte le psychologue.

Un gouffre béant qui s’explique par de nombreux facteurs, dont l’exposition médiatique, l’influence sociale des pairs et de la famille, ou le manque de visibilité de certains métiers, nous explique Kevin Hoff dans un courriel. Les nombreuses séries télévisées qui ont pour héros des médecins, des avocats, ou des enquêteurs du FBI n’y sont certainement pas étrangères…
 

«Il est certes positif d’encourager les adolescents à avoir des carrières prestigieuses, mais les parents, les enseignants et les conseillers d’orientation devraient également les aider à comprendre combien de personnes travaillent réellement dans le domaine de leurs rêves», suggère Kevin Hoff.

En Allemagne, par exemple, où les filières d’apprentissage et de formation professionnelle sont bien organisées et bénéficient d’une bonne visibilité, les aspirations professionnelles sont beaucoup plus variées et rendent mieux compte des véritables tendances du marché de l’emploi, note l’étude PISA. D’ici à convaincre un ado se rêvant en un futur Mbappé à se reconvertir en aide à domicile…

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